Petit compte rendu de Paris Web 2016.

Que dire sur Paris Web qui n'ai déjà été dit ? Étonnamment, c'était déjà la première phrase de mon compte rendu de Paris Web l'année passée. Deux éditions de Paris Web sont comme deux grands crus millésimé : similaires et pourtant uniques.

(Notez que ce billet a été en grande partie écrit dans le train du retour, sous l'emprise d'un manque de sommeil certain. Vous êtes prévenu·e·s.

Malgré les arrivées et les départs dans l'association, l'évolution de nos métiers, la multiplication des conférences Web plus ou moins généralistes et la dilution de l'audience potentielle qu'elle entraîne, les membres de l'équipe organisatrice (non, je ne dirai pas « le staff », bande de philistins francophilophobes) continuent à porter avec brio les valeurs qui ont fait la qualité des précédentes éditions : qualité, diversité, bienveillance, curiosité, ouverture, accessibilité, inclusion.

Le programme

Le constat que je partage avec d'autres est que plus le temps passe, moins l'on participe à un tel événement pour le contenu, plus pour les retrouvailles et les rencontres.

Et pourtant, j'ai assisté à de nombreuses conférences et ateliers qui m'ont fait découvrir de nouvelles techniques et technologies prometteuses, apporté des idées de projet à envisager, d'articles à écrire, ou tout simplement ému, transporté, enthousiasmé. Plus d'eau pour plus de moulins.

Une fois de plus, ces quelques jours ont reboosté mon amour du Web, non en tant qu'outil, car un tel sentiment est stérile, mais en tant que monde à part, culture unique, communauté(s), champ des possibles.

Ma conf

Cette année, j'ai eu l'honneur et le privilège de participer en tant qu'orateur. J'avais envie de publier un retour sur mon ressenti. Pour ceux que ça n'intéresse pas, circulez, je ne vous en voudrai pas.

Je suis passé sur le premier créneau du premier jour. J'en étais heureux, car en étant « libéré » tout de suite, j'ai pu profiter du reste de la conférence sans avoir à subir de stress résiduel ou m'esquiver pour d'ultimes répétitions.

Mon sujet était plus technique, moins personnel que lors d'autres interventions.

Par ailleurs, c'est la première fois que je donne une conférence de 45' (au lieu de 20' ~ 25' habituellement). Je pensais que préparer une intervention deux fois plus longue prendrait deux fois plus de temps et je me suis trompé. Plus de temps signifie qu'on peut intégrer plus d'éléments, et il est plus difficile de ne pas s'éparpiller. Il est vrai que le sujet se prêtait bien aux débordements, et il y a énormément d'éléments que j'aurais voulu aborder sans pouvoir le faire.

J'ai bien travaillé cinq fois plus sur cette conf que sur les autres, et je n'étais toujours pas suffisamment prêt. J'ai finalement terminé mon diaporama dans l'urgence, réécrit certains morceaux au dernier moment, n'ai pas pu répéter suffisamment, et manquait cruellement de sommeil le jour J.

Au final, je pense que j'aurais dû aborder moins d'éléments, mais plus en détail. Néanmoins, je ne suis ni frustré ni mécontent : j'ai la satisfaction d'avoir pu aborder un sujet qui me semble important, même si je regrette de n'avoir pas su susciter l'enthousiasme qu'il mériterait.

Cette leçon n'a fait qu'accroitre mon respect et mon admiration pour des conférenciers tels que Hubert Sablonnière ou François Zaninotto qui ont été capable de discuter avec clarté et pédagogie de sujets pourtant particulièrement techniques.

Un Web pour tous et toutes

Des conférences, informelles et ateliers auxquels j'ai participé, j'ai retenu deux idées principales.

1) Le Web a été mis à mal par le développement mobile natif, les stores et l'« appification » excessive des contenus. Aujourd'hui, la riposte est fulgurante et des technologies comme les Progressive Web Apps pourraient bien renverser la tendance. Go W3C !

2) Il m'a semblé que le sujet de l'accessibilité prenait sa place dans une thématique plus large qui est celle de l'inclusion.

Inclure, quels que soient le contexte de navigation ou le handicap ; quels que soient la mémoire, la fréquence du cpu ou la bande passante ; quels que soit la culture ou l'emplacement géographique ; quels que soient l'âge, le genre ou la situation personnelle. Bref, un Web de qualité pour tous et toutes.

À l'année prochaine

Comme d'habitude, mille merci à l'équipe d'avoir consacré autant de temps libre à l'organisation de cet événement. Le monde du Web est un peu plus beau grâce à vous.