Nombreux sont ceux qui se sont reconnus lorsque j’ai tenté d’établir une (modeste) nomenclature des types de développeurs. L’exercice était amusant, et d’ailleurs, je vais le reproduire aujourd’hui avec les clients.
Nous avons tous notre lot de clients pénibles. Mais ces diables de clients redoublent d’ingéniosité quand il s’agit de vous pourrir la vie.
Le stressé
Le stressé, c’est celui qui appelle vingt fois par jours, pour « faire un point », vérifier que tout va bien, et qui aimerait comprendre pourquoi ça n’avance pas. Inutile de lui expliquer que vous ne pouvez pas bosser tant que vous êtes au téléphone avec lui, c’est plus fort que lui.
L’assisté
Peut-être se sent-il un peu seul ? Où bien s’ennuie-t-il ? Toujours est-il que l’assisté a la fâcheuse particularité de vous appeler toutes les cinq minutes, pour vous « poser une petite question », ou pour « solliciter votre avis ». Bien entendu, vous n’arriverez jamais à lui vendre une documentation, ou quelques jours de formation. « Si j’ai un soucis, je peux vous appeler, n’est-ce pas ? ».
En tout cas, vous aurez toutes les peines du monde à lui faire comprendre que vous n’êtes pas un service d’assistance téléphonique, et que s’il a besoin de vos compétences, il va falloir qu’il aligne le cash !
Le pressé
Le pressé à cette amusante particularité de tout vouloir tout de suite. C’est généralement un décideur (vous savez, les « décideurs pressés »), ou en tout cas une personne qui n’a jamais eu à développer lui même. Le pressé ignore (ou feint d’ignorer) qu’un processus de développement nécessite toute une série d’opérations toutes plus chronophages les unes que les autres (analyse, specs, développement, tests, débugage, recette, livraison, gestion de projet, pause café, etc.)
Le pressé n’aime pas être le seul à être pressé. Par conséquent, il prends un malin plaisir à vous imposer des délais le plus court possible. Tout est urgent ! Tout est bloquant ! Et pourtant, quand vous vous serez défoncé à travailler la nuit et le week-end pour le satisfaire, il vous annoncera qu’il n’a pas le temps de recetter vos développements avant trois semaines. Ha ha ! (rire jaune).
L’indécis
L’indécis ne sait pas ce qu’il veut. Un jour il veut du blanc, le lendemain du rouge, avant de décider que finalement, le gris du départ était parfait, et qu’il n’y a donc pas lieu d’en changer. Il vous demandera des centaines de chiffrages pour des centaines de travaux qu’il finira par ne jamais vous commander. L’indécis vous fera tourner en bourrique à vous faire vous arracher vos derniers cheveux.
Avec lui, vos seules armes sont : les devis payants, les specs les plus détaillées possibles, les délais fixes, et le paiement à l’heure non divisible (niark niark !)
L’expert
C’est simple, l’expert connait tout mieux que vous. Même si ce n’est pas son métier, même si vous êtes trés compétent, même si en vrai c’est une bille en informatique, l’expert a un jour ouvert un magazine spécialisé, et pense que ça lui donne les compétences pour s’immiscer dans votre travail en « émettant des propositions » sur une technologie à utiliser ( »je veux du SaaS ! ») ou une méthodologie à appliquer ( »J’ai entendu que l’eXtreme programming, c’est ce qui se fait de mieux »).
Toujours à l’affut des nouveautés, des effets de mode et des buzzwords, l’expert est toujours pénible, au mieux énervant s’il s’agit d’un véritable expert, au pire pathétique s’il s’agit en fait d’un incompétent notoire. Dans tous les cas, vous pourrez toujours vous détendre avec une bonne partie de business loto au téléphone.
L’abonné absent
L’abonné absent est un type de client pénible, puisqu’il est en général absolument impossible de le joindre, que ce soit par email, téléphone, fax, pigeon voyageur ou signaux de fumées.
D’ailleurs, il n’hésitera pas à vous taxer d’incompétence parce que vous n’avez pas respecté vos délais, quand bien même il vous a fallu trois mois pour obtenir des réponses satisfaisantes à vos légitimes questions.
Le pointilleux
Le pointilleux a des yeux de lynx. Il voit tout, entends tout, remarque tout. Dés le premier jour de la phase de recette client, votre bugtracker se remplira de centaines de tickets, répertoriant un nombre incalculable de microscopiques déviations par rapport aux specs initiales.
Avec lui, la phase de garantie sera un cauchemar. Vous avez intérêt à réserver du budget. Seul moyen de vous en sortir : la mauvaise foie pure et simple. Pas trés pro, mais ya des fois où on a pas le choix…
L’amical
L’amical aurait aussi pu s’appeler « le pot de colle ». Au moindre petit coup de fil, il se sentira obligé de s’enquérir de la santé de votre famille au complet ( »ça va, merci »), vous raconter son dernier accident de voiture, et commenter en détails les performances scolaires du petit dernier. Et alors, quand il commencera à vous déballer en long en large et en travers ses opinions d’extrême droite, ça deviendra vraiment désagréable.
Bien entendu, vous n’aurez d’autre choix que de sourire à pleine dent, l’écouter parler, et l’inviter au resto, alors qu’intérieurement, vous ne rêverez que de lui enfoncer un thermos de café brûlant dans le fondement.
Et vous, quels sont vos clients pénibles ?



6 Commentaires
Article très amusant
Pour le client qui manque à la liste, il s’agit de celui qui désire quelque chose de précis mais ne sait pas réellement ce que s’est.
En d’autres termes, tous les clients qui voient des noms techniques dans les documentations ou dans les spécifications des projets web (comme « le site doit être référençable ») mais qui ne connaissent pas du tout les enjeux ni les conséquences sur l’aspect technique.
Le schizophrène : il est tout miel avant la signature du contrat : et qu’on va travailler la main dans la main, et qu’on va vous aider à mieux définir le contour fonctionnel, et que nous sommes à votre entière disposition, et que toute l’équipe sera impliquée, et que je vous paie le resto, et que je vous fais faire le tour de l’entreprise… Le jour où la propale est signée, en une seconde le client se mue à en un stressé-pressé-absent-pointilleux qui veut 100% du CdC, impitoyable.
Clairement un mélange d’indécis et d’expert ! Le genre de type qui se dis que ça prend 5 min de faire une modif , qui ne sais pas ce qu’il veut au départ et qui laisse en plus des amis l’influencer petit a petit .
Quels sont mes clients pénibles ?
Les mêmes que toi apparament !
Je rejoins Idleman par contre, les pires sont ceux qui se laissent influencer, tu commence avec un projet tout beau tout bien pensé et tu met en ligne un projet tout puant, merci les copains…
Personnellement, j’ai souvent affaire au client Caliméro. Par défaut, il a déjà fait son site, mais avec un méchant prestataire qui lui a fait un site pourri pour très cher. Maintenant, il a bien retenu la leçon, mais il n’a plus assez de budget pour le refaire et voudrait que vous travailliez pour rien.
Enfin, pas vraiment un client puisqu’on travaille pas pour rien.
J’ai une pointilleuse en ce moment ; j’en fais des cauchemards…
Tu n’as pas mis les clients sympas, les vils flatteurs, les dragueurs (qui peuvent être des sympas ou des vils flatteurs), les encourageants… Ca existe aussi.