Avez vous déjà assisté à une conférence quelquonque ? À une présentation technique ? Participé à une rencontre avec un auteur, un cinéaste, ou que sais-je ?
Si oui, vous savez qu’en général, si un expert en je-ne-sais-quoi a fait l’effort de se déplacer, c’est parce qu’il a des choses à dire, et par conséquent il est normal qu’il tienne la parole la majorité du temps. Mais, malheur, pour être un tant soit peu intéressante, une conférence digne de ce nom se doit d’être un minimum interactive. Et par conséquent, arrive toujours un moment, en général vers la fin, où c’est au tour du public de poser des questions.
Le temps de la question
Vous avez tous déjà vu ça. Il y a des gens qui posent leur question parce qu’ils veulent savoir quelque chose, parce qu’ils attendent une information utile en retour. Et puis, et puis, il y à l’autre, celui qui n’a pas très bien compris le principe, ou qui veut faire son intéressant, ou qui se croit plus malin, ou qui aime s’entendre parler, etc… Celui-là ne pose pas une question, il réalise un exposé de 10 minutes, durant lequel il affirme beaucoup de choses, mais qui contient finalement bien peu de points d’interrogation.
Après avoir entendu un holibrius imbu de lui même déblatérer sans fin, notre expert / auteur / conférencier se trouve devoir répondre à quelque chose qui n’est même pas une question et dont il est même incapable de se souvenir du début.
Le voilà bien embarrassé, le pauvre ! Il n’a plus qu’à broder approximativement jusqu’au moment où il pourra passer à la question suivante.
Si l’un de ces pédants abscon se trouve aujourd’hui à lire ce blog, qu’il sache qu’il fera du bien à l’humanité en respectant ces quelques règles :
- Une question utile peut en général tenir en une seule phrase. Si ce n’est pas le cas de la vôtre, prenez 5 minutes pour essayer de la reformuler.
- Les gens ne sont pas venus pour VOUS entendre. Tenter de voler la vedette à l’orateur en titre est de la dernière des grossieretés.
- Puisque vous savez tout mieux que tout le monde, vous n’avez qu’à écrire un livre, VOUS !
Un petit conseil également à notre pauvre orateur : qu’il n’hésite pas à remettre à sa place le bavard, comme l’avait si bien fait Richard Stallman à une conférence à laquelle j’avais eu le bonheur d’assister. « Allez directement à la question s’il-vous-plaît… Oui, sans emphase, directement… Écoutez, prenez quelques minutes pour la reformuler, et vous pourrez à nouveau la poser tout à l’heure. »
Et bing ! ^^

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